Pour la première fois dans l’histoire, la République Démocratique du Congo a célébré la Journée internationale de la femme pêcheuse (JIFP), une initiative mondiale dédiée à la reconnaissance du rôle essentiel des femmes dans la pêche et la gestion durable des ressources aquatiques.
Cette célébration inédite a été rendue possible grâce au leadership visionnaire de Mme Patricia Maisha, présidente du Réseau pour le Développement Intégral du Congo (REDIC-AWFISHNET-RDC) et coordinatrice nationale des femmes pêcheuses, transformatrices et commerçantes de poissons.
La cérémonie s’est tenue à Kinkole, au centre piscicole, un lieu symbolique où se pratique quotidiennement la pêche artisanale.




Rassemblées dans une même tenue aux motifs de poissons, les femmes pêcheuses venues de plusieurs coins du pays ont célébré avec émotion cette journée qui marque désormais la reconnaissance officielle de leur métier, longtemps resté dans l’ombre.
Cette initiative fait suite à l’officialisation de la Journée internationale de la femme pêcheuse par la communauté internationale, à la suite d’un plaidoyer mené lors d’une assemblée générale au Brésil. La célébration s’inscrit dans une campagne mondiale de cinq semaines (du 5 novembre au 10 décembre), reliant trois dates symboliques :
le 5 novembre, Journée internationale de la femme pêcheuse ;
le 21 novembre, Journée mondiale des peuples de pêcheurs ;
le 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme.
Sous le thème : « Des rivières vers l’océan : notre travail, nos droits », la journée a permis de valoriser le rôle crucial des femmes dans la pêche, la transformation et la commercialisation du poisson.
Dans son allocution d’ouverture, Mme Patricia Maisha a salué la vision du Président Félix Tshisekedi, ainsi que l’appui du Ministère de la Pêche et de l’Aquaculture et des partenaires techniques et financiers pour leurs efforts constants en faveur du développement de la pêche artisanale en RDC.
> « Cette journée constitue pour nous, femmes du secteur halieutique et aquacole, un moment privilégié de reconnaissance, de réflexion et d’engagement », a déclaré Mme Maisha, avant de rendre hommage à toutes ces femmes courageuses « qui se lèvent à l’aube pour nourrir le pays, souvent dans des conditions difficiles ».
La célébration a également été un moment de plaidoyer. Patricia Maisha a rappelé les multiples défis auxquels les femmes du secteur sont confrontées :
accès limité aux ressources halieutiques,
manque d’infrastructures adaptées, difficultés d’accès au financement, absence de formations techniques, faible représentation dans les instances de gouvernance.
Face à ces obstacles, elle a réaffirmé l’engagement du REDIC-AWFISHNET-RDC à œuvrer pour l’autonomisation économique et sociale des femmes pêcheuses, à travers la formation, le renforcement des capacités et la modernisation des outils de production.
> « Nous appelons les pouvoirs publics à intégrer la dimension genre dans toutes les politiques halieutiques et à soutenir davantage les initiatives féminines. Notre union fait notre force », a-t-elle insisté, lançant un appel vibrant à la solidarité et à la reconnaissance.
La journée s’est clôturée dans une ambiance de joie et de fierté. Les femmes pêcheuses, transformatrices et commerçantes ont exprimé leur gratitude envers le REDIC et sa présidente pour leur engagement constant. Elles ont salué cette célébration comme un symbole d’émancipation et de visibilité pour un métier souvent négligé mais indispensable à la sécurité alimentaire du pays.
Par ce geste fort, Patricia Maisha et le REDIC-AWFISHNET-RDC inscrivent la femme pêcheuse congolaise dans une dynamique mondiale de reconnaissance et de dignité, démontrant que lorsque les femmes de la mer se lèvent, le cours du développement change.






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